Origine et datation
Plusieurs hypothèses ont été émises concernant l’origine des ouvrages mégalithiques. Selon G. Camps[i] tour à tour les générations attribuaient ces monuments à des « peuples » venus d’ailleurs. Ainsi, on les avait compté parmi les œuvres des Gaulois, recrues des Carthaginois puis des Romains. D’autres chercheurs avaient avancé une probable migration d’un peuple Scandinave, lieu ou les dolmens sont également fréquents.
Cautionné par St. Gsell, l’hypothèse retenue reconnaît le caractère « indigène » de ces sépultures, qu’il situe dans les temps lointains antérieurs au 1er millénaire av. J-C.
G. Camps, en opérant une similitude entre les Haounet, les hypogées de Sicile et de Sardaigne, situe ces ouvrages dans le Chalcolithique[ii] , dont la pratique s’était poursuivie jusqu’à l’Age de Fer[iii].
Les rites d’inhumation consistent parfois à ensevelir les morts avec les corps repliés, de façon que les genoux touchent le menton. Parfois, les corps sont décharnés et les os sont mis dans le coffret.
L’inhumation est soit primaire, consistant à l’ensevelissement des cadavres sous les amas de pierres (Tumulus) soit une exposition à l’air libre. Cette dernière « réclame des aires rocheuses », comme celles de Tiddis ou de Sidi M’Cid, ou les rapaces viendront finir les dépouilles. A. Berthier [iv]signale que sur la poterie peinte retrouvée dans les bazinas de Tiddis, figurent des représentations « d’oiseaux à bec crochu ». D’autres éléments de poterie, laissent deviner des mouvements cérémoniels, de processions et danses.
Cité par A.Berthier[v], L.Joleaud, voit dans cette pratique une « coutume, inconnue ailleurs en Bérbérie et certainement d’origine fort ancienne, les cultes des lieux hauts à nécropoles mégalithique et des gorges protectrices de la ville ».
Ce rite rappelle la « fête des vautours », appelé « nechra », cérémonie périodique se déroulant tous les mois de septembre sur les hauteurs de Sidi M’Cid. Animée par des musiciens noirs, le sacrifice consistait à égorger des coqs noirs qu’on jetait en pâture aux corbeaux qui tournoyaient aux bords du rocher.
[i] CAMPS G. Aux origines de
[ii] Période correspondant à l ‘apparition du cuivre.
[iii] Succédant à l’Age de Bron[iii]ze, cette période s’étale jusqu’à 1000 av. J-C.