Comparée à celle produite à Gastel ou à Bounouara ou à Roknia, les décors de la poterie modelée de Tiddis ou du vase de Constantine sont très « bavardes ». En effet, bichromes (peinture rouge sur engobe blanc), les figures stylisées sont inspirées d’une « thématique » du terroir, reprenant toujours des « scènes » agricoles.
Vase de Tiddis (IVe S. av.J-Ch.)
Le motif principal qui se répète pratiquement dans tous les décors est le triangle. Les seules variations interviennent dans leur remplissages : quadrillages, damier irrégulier, chevrons et losanges.
Souvent respectant la même « mise en page », les triangles additionnent leurs bases pour souligner les bandeaux au niveau de la panse des vases. Ces derniers sont souvent marqués de losanges continus ou de lignes ondulées, représentant les cours d’eau ou les serpents.
Les décors sont enrichis de motifs intercalés entre les triangles, ce qui augmente la « portée » du message à déchiffrer. En effet, ces motifs représentent des palmettes, des astres (étoiles, soleil), les animaux (taureau) des personnages (roi sur un trône et procession de femmes).
Les « lectures » symboliques de ces figures par des spécialistes s’accordent à voir dans les triangles une représentation des montagnes, alors que les quadrillages et les damiers renvoient à la succession des saisons à la terre cultivée, ou les labours sont marqués par les sillons et la fécondation par les épis médians dans les triangles. Le soleil, l’étoile et les oiseaux soulignent également l’enchaînement des périodes.
Les symboles phalliques (taureau) et pubiens (losanges) évoquent la fécondité, alors que l’eau (rivières) renvoie à la condition nécessaire à la vie. La procession des femmes représente des rites périodiques. En somme, le terroir était si prégnant qu’il inspira les décors que les femmes portaient sur la poterie. L’agriculture était la pratique primordiale de ce peuple « potier » qui avait occupé Tiddis durant le Ive S. av. J-Ch.